L’entreprise au service de l’école
Conscientes que l’état ne peut tout prendre en charge, certaines entreprises s’investissent au service de l’école. L’association Al Jisr est née dans cet esprit.
" Nous ne sommes plus orphelins ",affirme Abdelaziz Hassani, directeur de l’école Lalla Aicha à Ben M’Sick . " Depuis que Wafabank parraine notre établissement, nous nous sommes ouverts, nous communiquons, nous avons suivi des formations et nous savons à qui nous adresser ", poursuit-il. Des propos partagés par les enseignants qui encouragent la multiplication de ces invitations. " Depuis que j’ai obtenu mon diplôme d’enseignante, je n’ai jamais suivi de formation ", constate cette institutrice. " Grâce à Wafabank, nous avons participé à six séminaires dont un animé par Soumaya Guessous sur le thème : Comment communiquer avec les enfants . Nous avons travaillé et réfléchi sur la nécesité d’accorder un espace de liberté à l’enfant pour qu’il puisse gérer son temps...Depuis les enfants se sentent plus libre, ils participent plus et se sont ouverts ", commente-t-elle.
Nouveau visage
Depuis que Wafabank travaille aux côtés de l’école Lalla Aicha, l’école a un nouveau visage. Murs repeints, bibliothèque entièrement aménagée avec deux espaces, l’un réservé aux multimédias et l’autre aux échecs, panneaux de lièges dans les classes pour afficher les travaux des élèves, panier de basket dans la cour, blocs sanitaires entièrement neufs, photocopieur en état de marche...Qu’il s’agisse des élèves, des enseignants ou des parents, l’enthousiasme est collectif.
" Grâce aux jeux d’échecs, nous avons constaté une amélioration dans la capacité à se concentrer chez les élèves ", remarque un autre enseignant. Certains se sont passionnés pour cette activité et l’école a remporté le deuxième prix lors d’un concours d’échec organisé par l’école espagnole. " Nous avons pour projet d’introduire des activités sportives comme le judo et le karaté et, dès la rentrée prochaine, nous allons mettre en place un système d’études surveillées par des diplômés chômeurs ",affirme le secrétaire général de l’association Al Jisr qui pilote le projet école/entreprise. " Cela permettra aux élèves qui n’ont parfois pas d’endroit pour s’isoler de faire leurs devoirs avec le soutien des animateurs ". " Au cours de ces trois dernières années, des parents ont transféré leurs enfants du privé vers notre établissement ", affirme fièrement Abdelaziz Hassani. " Il n’y a pas de meilleure récompense ".
Prendre le relais
L’idée de mettre en lien une entreprise avec une école est née d’un constat simple. " Le Maroc consacre 25% de son budget à l’éducation. Tous les acteurs socio-économiques conviennent de la nécessité d’améliorer les performances du système éducatif ",poursuit le secrétaire Générale d’Al Jisr. " Avec la conviction que l’état seul ne pouvait tout prendre en charge, nous avons eu l’idée d’organiser une conférence sur le rôle de l’entreprise dans l’éducation ". L’association Al Jisr a pris forme peu après.
Aujourd’hui, une trentaine d’entreprises ont suivi la voie de Wafabank et le ministère de l’éducation nationale a détaché deux personnes au service de l’association qui bénéficie également de locaux octroyés par le ministère.